L’infomédiation, une voie innovante & ardue pour maîtriser l’infobésité en accompagnement de projets

En 2012, à la sortie d’une conférence au CNAM, nous discutions avec l’un de nos anciens enseignants, Jacques Perriault, expert notamment en logique d’usage. Il nous confiait que l’infomédiation, c’était l’avenir des professionnels de l’information.

5 ans plus tard, à l’aune d’une pratique riche « d’infomédiaire » dans des domaines variés, nous avons théoriser ce qui, pour nous, constituait cette voie d’avenir qui, dans un monde de sur-information, de bigdata & d’automatisation du traitement de l’information, permet de continuer à jouer la carte de l’humain.

  1. Qu’est-ce que l’infomédiation ?
  2. Comment se pratique-t-elle ?
  3. Infomédiaire, un métier difficile ?

1. Qu’est-ce que l’infomédiation ?

Faire de l’infomédiation, c’est être capable de relier entre elles des informations pour ouvrir à des tiers des opportunités. Quelles types d’opportunités ?

Nouvelles connaissances lorsqu’on évolue dans le milieu de la recherche & du développement. Par ex., vous souhaitez lancer un nouveau produit mais n’avez que des financements assez limités. Et là, on vous apprend que l’open source fonctionne aussi pour les biens matériels. En effet, une communauté de gens pourrait contribuer « gratuitement » à développer un projet si ce dernier réunit un certain nombre de conditions.

Opportunités business quant il s’agit d’apporter au bon moment, la bonne information à la bonne personne qui sait s’en saisir. Par exemple, 3 ans que vous faites des pieds et des mains pour mettre en place une citerne à un endroit précis afin de massifier une collecte de bio-déchets. Et voilà qu’en discutant lors d’un cocktail, vous apprenez que des péniches sont amarrées à 1 km de l’emplacement de la citerne à laquelle vous êtes sur le point de renoncer.

Plus modestement, réponse à un besoin qu’on aurait pu couvrir en recherchant soi-même l’information mais que la sérendipidité de rencontres fait qu’on vous apporte cette réponse sur un plateau. Ex. vous cherchez une cuisine et voilà qu’en discutant vous apprenez par un tiers qu’une de ses relations à une amie qui souhaite louer sa cuisine.

2. Comment se pratique-t-elle ?

L’infomédiation combine les missions de collecte, tri, qualification puis diffusion sélective de l’information. Elle opère principalement dans « l’informel » et nous l’utilisons dans le cadre de l’accompagnement de projets. Elle nécessite un savoir faire particulier pour :

  • mettre en confiance les personnes détentrices d’information – que parfois elles ignorent possédées,

  • détecter les informations pertinentes à retenir,

  • puis le moment venu relier une ou plusieurs informations qui pouvaient n’avoir pas de rapport initialement mais au regard d’un certain contexte prennent du sens lorsqu’elles sont communiquées à la bonne personne.

Souvent les informations communiquées entraînent une mise en relation entre personnes. Cette rencontre ouvrira un nouveau champ des possibles.

Il appartiendra au tiers bénéficiant de cette « infomédiation » de s’en saisir … ou pas. A la clé, s’il saisit l’opportunité, une solution à sa ou ses problématiques. Car oui, la finalité de l’infomédiation est bien d’apporter dans un monde en surcharge informationnelle & en manque de temps une réponse rapide et efficace à un ou des problèmes que nous rencontrons en nous évitant un gros stress (l’infobésité).

3. Infomédiaire, un nouveau métier difficile ?

S’il fait gagner du temps aux autres, il doit lui-même en consommer beaucoup. Rencontrer des gens, assister à des conférences, explorer de nouveaux concepts & territoires, relancer souvent ses interlocuteurs, connaître le ou les écosystèmes dans lesquels il évolue et apporter des réponses à des problèmes parfois complexes, cela représentent beaucoup de travail.
Or, plus notre infomédiaire est doué, plus son travail semble « naturel ». Et, pourquoi payer quelqu’un qui se borne à répondre à une question ou donner une information ? Qui se rend compte du temps qu’il a parfois fallu pour créer le réseau ou l’écosystème ayant permis à la réponse donnée d’émerger ?

Travail tout en dentelle de l’infomédiaire fait de tissage de liens entre individus pour nouer des relations de confiance. Et, ouvrage, parfois réduit à pas grand-chose lorsqu’un client par ses pratiques ou son comportement sape les efforts entrepris.

Un métier délicat donc qui, en pratique, doit se manifester par des éléments visibles constituant des prestations d’infomédiation.
L’infomédiation se traduit concrètement par des mises en relation & des livrables. Elle est estimée en jours/hommes. Elle impacte la stratégie globale d’un projet et s’intègre à une mission de conseil & d’accompagnement.
Voici une liste non exhaustive que la pratique enrichit au fil des dossiers : synthèses d’entretiens, articles de blogs, organisation d’événements pour faciliter des rencontres, debrief après présence à des réunions ou conférences pour collecter des informations, recommandations pour identifier d’éventuels futurs collaborateurs…

Connecteur, facilitateur, déclencheur d’opportunités, inventeur de solutions, médiateur, organisateur d’événements, l’infomédiaire est un peu tout ça en même temps.

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